CÔTÉ LIVRES

Rencontre avec Benjamin Chaud, auteur-illustrateur de POMPON OURS

Magazine n°2
Auteur-illustrateur jeunesse, Benjamin Chaud a créé le personnage de Pompon Ours en 2011 en publiant chez Hélium l’album Une chanson d’ours qui fait désormais partie de la « Bibliothèque jeunesse idéale » établie par le Centre national de la littérature pour la jeunesse (BnF). Les cinq albums déjà parus de Pompon Ours ont été vendus à plus de 250 000 exemplaires à travers le monde.
Synopsis : Une nouvelle journée se lève sur la forêt et Pompon s’interroge… Que va-t-il bien pouvoir faire aujourd’hui ? Écrire un poème, fabriquer une constellation, partir à la recherche d’un petit frère ou bien sur les traces du mystérieux Zarbidule…? La truffe au vent et la tête pleine d’idées, Pompon est prêt à vivre des aventures pleines de joie et de poésie avec tous ses amis !

Comment êtes-vous devenu illustrateur et qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ? 

J’ai commencé à dessiner tout petit, je me souviens encore de mes premiers dessins, c’est resté gravé. Je faisais des petits livres, des petites BD pour enfants : je me rappelle d’une histoire avec deux chats, l’un qui souriait et l’autre non ; ou celle d’une vache qui devenait la vache du Père Noël. J’aime être un vecteur d’émotions, ressentir l’émotion qui arrive et la partager avec les autres. La lecture à haute voix permet d’ailleurs de faire passer ces émotions. Parfois, des enfants me demandent de raconter l’histoire de mon livre préféré qui est Mon amour de Beatrice Alemagna et à chaque fois j’ai les larmes aux yeux comme si c’était la première fois que je le racontais.

Quels sont les livres que vous avez lus enfant et qui ont pu vous inspirer ? 

Parmi les livres avec des ours qui m’ont marqué, il y a eu Michka, un ourson qui aide le Père Noël dans sa tournée et finit par s’offrir lui-même comme cadeau à un petit garçon malade ; chaque fois j’étais ému aux larmes. J’aimais aussi beaucoup Les trois brigands de Tomi Ungerer ou Max et les maximonstres de Maurice Sendak. 

Je m’identifiais beaucoup à la petite souris Frédéric de Leo Lionni : j’étais très touché par ce personnage qui rêvasse et qui semble ne rien faire alors que c’est finalement lui qui arrive à réchauffer ses comparses en leur racontant les souvenirs de l’été. Cela représente bien les artistes pour moi : on peut avoir l’impression qu’ils ne font rien alors qu’ils s’avèrent vitaux. 

Quels sont vos coups de coeur en littérature jeunesse aujourd’hui ? 

J’adore tout le travail de Beatrice Alemagna, très proche de l’enfance, elle a gardé cette sensibilité et cette force également, cela ne ressemble à rien d’autre. J’aime beaucoup aussi Kitty Crowther. Ce sont deux autrices-illustratrices qui nous invitent dans leur imaginaire avec chaque album. 

Ça m’a aussi beaucoup appris de lire des livres à mes enfants : un « bon livre », ce n’était pas forcément ce que j’imaginais. Cela ne se résume pas forcément qu’à des « beaux » dessins, la question est plutôt « Où est-ce que ça nous emmène ? Qu’est-ce que ça nous raconte ? ». Lorsque la littérature jeunesse devient de l’art, ça parle à tout le monde. Moi ça m’émeut autant qu’un livre pour adultes ou qu’un film, j’aime les livres pour enfants : j’en lis beaucoup et je continuerai toute ma vie ! 

« J’ai besoin de m’amuser pour créer ! »

Comment est né Pompon Ours ? 

J’ai dessiné une immense image d’opéra avec énormément de détails pour le faire-part de naissance de mon premier enfant, et cela m’a beaucoup plu. J’ai proposé à mon éditrice Sophie Giraud d’en faire un livre et elle m’a suggéré d’en faire l’histoire d’un papa et de son petit garçon. 

Les albums de Pompon Ours parlent de ce que ça fait d’être père, de « l’effroi » d’être responsable d’un petit être fragile dans un monde devenu dangereux à mes yeux. Je me suis rendu compte après coup que c’était l’enfant qui ouvrait l’adulte au monde. Le premier album a été sélectionné par la CAF dans plusieurs départements pour être offert à tous les nouveaux nés, cela m’a donné envie de faire la suite. Puis j’ai eu un deuxième enfant et j’ai dû faire un troisième livre avec l’apparition de Tout Petit Ours

Comment travaillez-vous les dessins et les textes de Pompon Ours ? 

Je dessine toutes mes idées dans des carnets de croquis – c’est le moment que je préfère – puis je rassemble tout ce qui me plaît dans une seule image, un peu comme un puzzle. Quand je commence, je ne sais pas où je vais, et petit à petit, j’essaye d’assembler les différentes images dans un chemin de fer où toutes les pages du livre sont représentées. J’aime être très précis : je contrôle au millimètre près les regards, les sourires, les expressions. J’aime bien réaliser mes dessins sur deux jours : laisser passer une nuit puis revoir différemment mon dessin pour voir ce que je dois changer. C’est plus long et plus difficile pour moi d’écrire que de dessiner, mais pour Pompon Ours l’histoire parlait de ma vie de famille, il n’y avait que moi qui pouvais l’écrire. J’ai aussi beaucoup appris en travaillant avec d’autres auteurs et autrices, notamment avec Ramona Badescu avec qui je collabore depuis vingt ans pour les albums de Pomelo. 

On retrouve dans chaque album d’immenses « Cherche et Trouve » qui fourmillent de détails et de clins d’oeil. Comment vous est venu l’idée d’intégrer l’observation et le jeu aux histoires ? 

C’est vraiment parti de la grande image à l’opéra, je voulais continuer à faire de grandes images avec une abondance de détails et c’est avec l’éditrice qu’on s’est dit qu’il fallait faire un « Cherche et Trouve » avec une narration. Cela fait 20 ans que je travaille avec mon éditrice, on décide de tout ensemble, je lui fais entièrement confiance. Pour le format, on voulait que l’image remplisse la page et c’est le graphiste qui avait eu l’idée de mettre un bandeau de couleur pour le texte afin de ne laisser aucun blanc dans la page. On voulait vraiment que le papa cherche le petit ours et qu’il ait du mal à le trouver, tout comme les lecteurs·trices. J’intègre de nombreux clins d’oeil et d’éléments de ma vie pour m’amuser, car c’est très long à dessiner : ça me nourrit et ça rend les personnages plus vivants, j’ai besoin de m’amuser pour créer ! 

L’imagier vagabond a conçu une exposition très grand format : À la recherche de Petit ours, disponible à la location pour les médiathèques.

De quelle manière avez-vous participé à l’adaptation de vos albums sur grand écran ? 

J’ai participé à de nombreuses réunions au début du projet et je me suis très bien entendu avec toute l’équipe, cela s’est étalé sur plusieurs années, mais c’était plus amical que professionnel ! J’ai donné mon avis sur les premiers éléments d’adaptation : par exemple, dans les livres, Pompon est toujours de profil alors qu’il est souvent de face à l’écran, il fallait donc trouver des solutions pour le dessiner différemment. L’équipe a bien saisi l’univers de Pompon Ours : on retrouve bien l’ambiance des albums et le caractère de Pompon, son côté bougon mais sympathique, déterminé et casse-cou. J’étais d’accord avec tous leurs choix et je pense que l’on s’est bien compris ! Pour le prochain album (2023) qui sera un livre pop-up, je vais essayer d’intégrer Rita, l’amie de Pompon, pour créer un pont avec le dessin animé.

Retrouvez toutes les informations sur Pompon Ours, petites balades et grandes aventures sur la page du film.

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